CetimInstitut de SoudureTechnologie

Se poser la question de la robotisation

L’Institut de Soudure accompagne les entreprises dans l’optimisation des opérations de soudage en fabrication, laquelle peut passer par la robotisation. Le centre de Yutz dispose de tous les moyens nécessaires à l’évaluation de ce type de solution.

Accompagner les industriels dans l’optimisation de leurs procédés de soudage : c’est l’une des vocations de l’Institut de Soudure. Dans cette perspective, le centre technique s’est doté au fil des ans, d’une huitaine de robots provenant de différents fournisseurs et mettant en oeuvre différents procédés : soudage à l’arc, soudage laser, soudage par friction-malaxage (FSW).

Ce qui lui permet de conseiller et d’assister en toute objectivité les entreprises qui souhaitent évaluer l’intérêt d’une robotisation de leurs opérations de soudage, analyser les réponses à un appel d’offres, comparer les différentes technologies du marché, optimiser leurs modes opératoires, intégrer un nouveau procédé.

Pour Fabrice Scandella, sénior expert en matériaux et procédés à l’Institut de Soudure, la robotisation peut être la bonne réponse pour gagner en compétitivité et décrocher des marchés face à des concurrents étrangers.

« Globalement, les PME françaises sont très en retard dans ce domaine en comparaison de leurs homologues italiennes et allemandes. Il existe encore beaucoup d’a priori sur la robotisation : trop chère, trop compliquée, réservée aux grandes séries. Dans les faits, ce n’est plus vrai du tout », affirme-t-il.

Et de préciser : non seulement les robots n’ont jamais été aussi abordables mais plusieurs dispositifs sont disponibles pour aider les PME françaises à franchir le pas.

« Pour financer leur projet, elles peuvent s’appuyer sur le programme Robot Start PME qui met à leur disposition un expert pour évaluer l’intérêt de la robotisation dans le cas de leur production », signale Dirane Joulakian, responsable de la plateforme assemblage du groupe Institut de Soudure et expert robotique pour ce programme.

Réservé aux PME qui souhaitent acheter leur premier robot, il s’inscrit dans le cadre du plan national pour la robotique « France Robots Initiatives », lancé le 19 mars 2013.

Robot Start PME finance 10 % de l’achat de la première cellule robotique des PME et leur apporte un accompagnement. Les PME peuvent également prétendre aux Prestat ions Technologiques Réseau (PTR) permettant aux entreprises de moins de 50 salariés, de bénéficier de l’intervention de prestataires technologiques (CRITT, CTI) pour mener à bien un projet à caractère innovant.

La subvention est ici plafonnée à 10 000 €.

 Accompagner Airbus dans la robotisation du soudage TIG du Lower Pan A380

« A la demande d’Airbus Operations SAS, l’Institut de Soudure a été chargé de développer un modèle de comportement en soudage TIG robotisé pour l’assemblage du Lower Pan A380 autorisant l’adaptation des paramètres de soudage suivant la géométrie effective du joint et sa position de soudage », indique Thong Trantien, ingénieur expert en soudage au sein du groupe Institut de Soudure en charge de ce projet. « Pour l’opération de soudage, la difficulté réside dans le fait que les composants primaires sont issus d’une opération de formage superplastique qui induit une certaine variabilité dimensionnelle au niveau du plan de joint. C’est la raison pour laquelle, jusqu’alors, l’opération de soudage était réalisée avec le procédé TIG manuel », explique Stéphane Pernodet d’Airbus. Et d’ajouter : « L’application du modèle dynamique 4D en mode TIG robotisé adaptatif développé par l’Institut de Soudure a permis d’obtenir de nombreux avantages comparé au soudage manuel, techniques mais également économiques : moins de consommables, vitesse de soudage plus élevée comparée au mode manuel, gain de productivité, meilleure gestion en matière de production… ». Le début de l’industrialisation du soudage TIG robotisé du Lower Pan A380 en utilisant ce modèle dynamique en mode 4D a commencé en décembre 2014. Cette avancée technologique constitue une première mondiale en application industrielle avec cette technique.

EN BREF

Technologies prioritaires 2015- 2025 : parution en octobre
En juin, une première version a été présentée au comité technique et scientifique du Cetim ; la publication est prévue en octobre : le Cetim et ses partenaires (la FIM, le Cetiat, le Cetim CTDEC et l’Institut de Soudure) travaillent sur une nouvelle version des technologies prioritaires pour les cinq ans à venir. Cet exercice vise à recenser les technologies essentielles pour l’avenir de la mécanique. Il comprend deux parties : la première rappelle la méthodologie et l’analyse des sources d’information ; la seconde est constituée d’une cinquantaine de fiches par technologie ou famille de technologies. Chacune précise la filière industrielle concernée, les enjeux auxquels elle répond, le contexte, la difficulté d’acquisition, le niveau de maturité, et l’impact compétitif.

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