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La R&D en fabrication additive cartographiée

Quel est l’état des forces françaises de recherche & développement en fabrication additive ? Les instituts Carnot de la filière Manufacturing ont établi une cartographie et mis en évidence une force récente et dynamique. Premiers enseignements.

La recherche & développement sur la fabrication additive occupe 250 ETP (Équivalents temps plein) répartis dans une cinquantaine de laboratoires de l’Hexagone. Voilà ce qui ressort de la cartographie quantitative réalisée par les instituts Carnot de la filière Manufacturing.

Pourquoi cette cartographie ? «Elle correspond à la rencontre de deux volontés, répond Philippe Lubineau, directeur opérationnel du Carnot Cetim : celle de la filière Manufacturing de structurer une offre de R&D à destination des industriels ; celle de l’Alliance Industrie du Futur – dont la FIM et le Cetim sont membres fondateurs – de permettre aux acteurs de la filière française de la fabrication additive de partager leurs priorités afin de favoriser les synergies et la constitution d’un écosystème national fort ».

L’AÉRONAUTIQUE, PREMIER SECTEUR D’APPLICATION

L’approche par cercles concentriques a permis d’identifier une cinquantaine de laboratoires. Chacun d’entre eux a reçu un questionnaire précis sur son positionnement en fabrication additive (matériaux, procédés, participations industrielles, etc.), ses moyens (temps plein, ancienneté, budget, etc.), ses partenaires (laboratoires, industriels, réseaux, etc.) et ses axes de développement. Objectif : évaluer l’état des forces en présence.

Comme prévu, l’aéronautique constitue le premier secteur d’application. Les acteurs interrogés se concentrent essentiellement sur les matériaux, les procédés et le contrôle, beaucoup moins sur le numérique. Quasiment tous les centres travaillent sur les métaux, 50 % sur les polymères, 35 % sur la céramique. Toutes les familles de technologies sont représentées.

RENFORCER LES COMPÉTENCES

Dans le même temps, l’Alliance Industrie du Futur a collecté les besoins des industriels. Le croisement entre ces derniers et les compétences des laboratoires montre un besoin de renforcement de ces compé- tences plutôt qu’un réajustement des priorités. D’où la nécessité de collaborer entre laboratoires aux compétences complémentaires.

Comparés aux autres pays, les 250 ETP constituent une force comparable en nombre à celles de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne, mais plus récente (ancienneté inférieure à 4,5 ans). Pour Philippe Lubineau, «ce premier travail mérite d’être complété, précisé et actualisé régulièrement. En particulier, nous devons étudier de plus près la répartition régionale ».

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