Stratégie éco

« L’acier devient un produit de spéculation »

3 QUESTIONS A : PHILIPPE CHALMIN, PROFESSEUR A L’UNIVERSITE PARIS-DAUPHINE, PRESIDENT DE CYCLOPE, INSTITUT DE RECHERCHE EUROPEEN SUR LES MATIERES PREMIERES
MécaSphère : Le marché des métaux est-il spéculatif ?

Philippe Chalmin : La plupart des métaux non ferreux sont cotés sur le marché à terme de Londres, le London Metal Exchange. À partir du moment où les prix sont instables, tous les acteurs peuvent être spéculateurs. La nouveauté, c’est que l’acier est devenu une commodité et donc un produit de spéculation, alors que pendant longtemps ce marché était contrôlé par les producteurs. Ces derniers ont aujourd’hui une influence moindre.

M. : Pour quelles raisons ?

P. C. : Les raisons sont multiples : l’éclatement de l’URSS qui était l’un des principaux producteurs mondiaux de fer et de manganèse ; la mondialisation des échanges et surtout la montée de la Chine. Ce pays est le premier importateur et consommateur mondial de minerai de fer : il joue donc un rôle déterminant sur la fixation des prix. Ceci dit, les influences sont multiples, car le marché de l’acier est très segmenté.

M. : Quelles sont les conséquences pour les industriels ?

P. C. : Sauf à transmettre toute variation des cours des métaux et de l’acier sur les prix de leurs produits, les industriels doivent considérer ces achats de matières premières comme un risque et le gérer comme tel. Dans ce contexte instable, vous imaginez bien que la fonction d’acheteur prend une très grande importance.

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