Politique industrielle

Bourquin Décolletage : la productivité au rendez-vous du numérique

Un an après le lancement de l’Alliance Industrie du Futur, plus de 2 000 PME étaient impliquées dans des démarches de modernisation de leur outil de production. Illustration avec Bourquin Décolletage qui a témoigné de son expérience à l’occasion du salon Micronora. En investissant 700 000 euros dans de nouvelles machines à commande numérique, dont une robotisée, Bourquin Décolletage réalise désormais des pièces complexes en une seule opération d’usinage.

Les gains de productivité sont évalués entre 25 et 50 %, et s’accompagnent d’une amélioration du niveau de qualité. Le résultat d’une démarche engagée au cours de l’année 2015. Filiale depuis 2001 du groupe Mantion, spécialisé dans les systèmes coulissants pour le bâtiment et l’industrie, Bourquin Décolletage est implantée à Amancey près de Besançon. L’entreprise réalise 3 millions d’euros de chiffre d’affaires avec une trentaine de collaborateurs.

ACCOMPAGNER LES CLIENTS DANS LE DÉVELOPPEMENT DE LEURS PRODUITS

« Nous réalisons de l’usinage de précision en petite, moyenne et grande série, allant de quelques centaines d’unités à 1,5 million de pièces par an, explique Didier Desoubry, le directeur général. Pour nous différencier de la concurrence, nos sous-ensembles intègrent des technologies complémentaires au décolletage, avec l’appui de compétences au sein du groupe telle Formatol, la filiale tôlerie ».

Historiquement, Bourquin Décolletage travaillait en décolletage traditionnel sur des machines conventionnelles et à commande numérique. Un premier tour à commande numérique avait été robotisé. « Nous sommes confrontés à deux enjeux majeurs : le premier, répondre aux nouvelles attentes de nos clients, en termes de services et d’accompagnement dans le développement de leurs produits. Il s’agit d’intervenir en co-conception, d’apporter notre savoir-faire sur des produits de plus en plus complexes. Le second est interne. Il touche la façon de piloter l’entreprise. Nos collaborateurs ont évolué au regard de leur rapport au travail. Les managers doivent être à l’écoute de leurs attentes et répondre aux questions qu’ils se posent. Leur avenir ne se voit plus dans le métier qu’ils ont aujourd’hui, mais dans l’employabilité qu’ils auront demain dans l’Usine du Futur ».

AJUSTER L’ORGANISATION SUR LA CHAÎNE NUMÉRIQUE

Cette réflexion stratégique conduit Didier Desoubry à s’engager dans une action collective en Bougogne Franche-Comté pilotée par le Cetim, avec l’appui de l’UIMM et de la FIM, et financée par la Région. Un consultant commence par réaliser un état des lieux de l’entreprise, son positionnement, ses axes de développement, ses moyens, etc. Puis il propose de travailler sur deux axes, avec un diagnostic plus poussé sur l’organisation et l’évolution de la production. Au terme de cette étape, un plan d’actions est proposé et mis en œuvre.

Concrètement, « nous avons ajusté notre organisation sur la chaîne numérique, reprend Didier Desoubry. Le fichier 3D de la pièce du client est traité par notre système de CAO (Conception assistée par ordinateur) puis de FAO (Fabrication assistée par ordinateur). Nous simulons l’usinage pour l’optimiser et générer le programme de la machine à commande numérique. Ce qui permet de réduire les temps de cycle et de mise en œuvre ».

Courant 2017, un fonctionnement en équipes collaboratives devrait être mis en place pour réduire la durée de développement et augmenter le temps d’utilisation des machines. Objectif : gagner de 15 à 20 % de productivité globale.

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