INERISRéglementation & NormalisationTechnologie

Assurer la pérennité de l’innovation par la prévention et la maîtrise des risques

L’Ineris accompagne les entreprises dans l’évaluation des risques toxicologiques et physico-chimiques des poudres et des procédés utilisés en fabrication additive, une étape indispensable pour assurer la pérennité de l’innovation et son déploiement vers de nouveaux secteurs.

Comme le souligne Guy Marlair, référent technique à la direction des risques accidentels de l’Ineris, en charge de l’activité recherche du pôle substance et procédé, « jusqu’à présent, la technologie de fabrication additive servait au prototypage rapide. On entre désormais dans une phase de production de pièces, la fabrication additive venant concurrencer celle traditionnelle, avec des risques qu’il faut analyser au plus tôt afin d’en assurer le développement durable. »

Aux risques conventionnels à gérer dans un nouvel environnement, tels les éléments chauffants de la machine qui peuvent occasionner brûlures ou être des sources d’inflammation, ou l’utilisation de matériaux combustibles comme les polymères ou les poudres métalliques, s’ajoutent des risques spécifiques à ce nouveau procédé qu’il faut évaluer et prévenir.

Ces risques émergents sont notamment liés à l’émission de particules ultrafines des imprimantes 3D, à des taux qui pourraient induire des problèmes d’hygiène au poste de travail. En outre, pour renforcer les caractéristiques physiques des pièces et permettre leur authentification et leur traçabilité pour prévenir la contrefaçon, les fabricants peuvent introduire des nanomatériaux ou des produits nanostructurés comme additifs dans les poudres. Néanmoins, la mise en oeuvre de ces nanomatériaux impliquent l’évaluation de l’exposition au poste de travail et ce, afin de prévenir les risques sanitaires.

Les applications de cette nouvelle technologie posent aussi la question de la sécurité liée à l’usage des pièces qui devront subir l’épreuve du vieillissement.

« L’enjeu est important. Par exemple dans le domaine médical, un des secteurs les plus en pointe dans l’utilisation de pièces produites par fabrication additive, avec notamment l’apparition des prothèses sur mesure pour lesquelles les risques toxicologiques sur le long terme doivent être maîtrisés. De même dans les industries aéronautique et automobile où certains éléments sont stratégiques. Il est indispensable de s’assurer de la fiabilité des pièces dans le temps et donc de comprendre leur résistance à l’usure », ajoute Guy Marlair.

L’Ineris dispose de l’expertise et des équipements nécessaires pour réaliser, à la demande des industriels, des mesures d’émissions au poste de travail. Il peut également mener les études et essais permettant de caractériser les dangers physico-chimiques et toxicologiques des poudres et des procédés impliqués sur toute la chaine de valeur, le cas échéant dans sa halle nanosécurisée S-Nano.

« Ces essais sont particulièrement utiles pour éclairer les entreprises qui utilisent une technologie émergente, notamment en l’absence de normes ou de réglementations spécifiques, explique Guy Marlair. Il s’agit d’accompagner l’innovation afin d’en assurer l’acceptation par la société, son déploiement vers de nouveaux secteurs et donc sa pérennité. »

Une étape d’autant plus importante que la feuille de route de la plateforme européenne technologique consacrée à la fabrication additive n’accorde que très peu de place aux questions de sécurité.

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