Afrique sub-saharienne : nouvelle frontière de l’industrie ?

Un quart de la population mondiale vivra en Afrique sub-saharienne en 2050. Si la croissance économique de cette région s’est ralentie dans certains pays, en partie en raison de la crise pétrolière, il existe un réel potentiel industriel à moyen terme. Un potentiel à explorer dès à présent.

Ce territoire immense qui s’étend du sud du Sahara jusqu’à l’Afrique du Sud, regroupe 48 pays et son sous-sol regorge de ressources naturelles. L’Afrique sub-saharienne compte plus d’un milliard d’habitants. Elle devrait dépasser les 2 milliards d’ici 2050, soit près d’un quart de la population mondiale. L’activité économique a ralenti en 2015, et la croissance ne devrait pas dépasser les 3% en 2016. « Sans nier l’existence de faiblesses, le paquebot Afrique sub-saharienne est loin d’avoir fait naufrage. Même les pays les plus fragilisés ces dernières années disposent d’atouts structurels », écrivent les auteurs d’un rapport de la Coface.

LA TANZANIE POTENTIELLEMENT INTÉRESSANTE

Parmi les 15 pays à fort potentiel identifiés, la Tanzanie vient de lancer un plan de développement quinquennal qui court jusqu’en 2021. « Dans le cadre de notre prospective pays, nous avons retenu la Tanzanie comme étant intéressante pour les industries mécaniciennes, explique Benjamin Frugier, directeur exécutif de la FIM. En effet, ce pays souhaiterait devenir un “hub” de la Communauté d’Afrique de l’Est qui rassemble, outre la Tanzanie, le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud». Le plan gouvernemental prévoit l’intervention de l’État dans le développement du secteur manufacturier et de nombreux projets d’infrastructures.

L’AFRIQUE DU SUD : UNE ÉCONOMIE DIVERSIFIÉE

Autre pays phare, l’Afrique du Sud dispose d’une économie diversifiée. Même si l’agriculture occupe une place centrale, « c’est un pays industriel, note Thomas Curelli, en charge du secteur industrie Clean Tech, au bureau Business France de Johannesburg. L’automobile et la chimie sont présentes et les SudAfricains sont des fournisseurs pour l’aéronautique et de l’armement. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a prévu un arsenal d’aides, en particulier dans le domaine fiscal, pour encourager les investissements dans l’industrie ».

Pour les mécaniciens, outre l’industrie minière, la papeterie offre un débouché intéressant. En juin 2016, Business France a organisé pour le Symop (Syndicat des machines et technologie de production) deux colloques qui ont permis à des entreprises françaises de présenter leurs technologies à des industriels sud-africains. « Des représentants de Bpifrance leur ont exposé les possibilités de financement », ajoute Thomas Curelli.

LA CÔTE D’IVOIRE, LOCOMOTIVE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST

Plus au nord, la Côte d’Ivoire veut reprendre sa place de locomotive de l’Afrique de l’Ouest. Le pays représente 35 % du PIB de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) qui regroupe 8 pays (voir carte cicontre) et affiche un taux de croissance de 7,2 % (8 % pour la Côte d’Ivoire).

« Le secteur industriel ivoirien est dynamique surtout dans l’agroalimentaire, explique Aboubacar Fofana, en charge du secteur industrie & Clean Tech, au bureau Business France d’Abidjan. La Côte d’Ivoire se veut également un hub énergétique avec la présence de deux grandes centrales thermiques à cycle combiné et de six barrages hydro-électriques». De nombreux groupes français sont implantés : Castel (brasserie, sucrerie), Amida et Lafarge (cimenterie), Air liquide, Boccard (ensemblier industriel), Cegelec, Engie, Bouyg ues (SETAO), Schneider Electric, etc.

«Le pays dispose d’une Bourse de soustraitance et de partenariat avec laquelle Business France envisage une mission d’entreprises en 2017, précise Aboubacar Fofana. En 2017 également, nous organisons une opération “Vendre à la Compagnie ivoirienne de production d’électricité”, et nous envisageons des rencontres acheteurs industrie et efficacité énergétique ». Le pays est si prometteur que la FIM a décidé de recruter un VIE dans ce pays. Avis aux amateurs.

Afrique du Sud : des débouchés pour l’agroéquipement
Pendant un an, Vincent Houdeville a été VIE en Afrique du Sud pour Noremat (matériels pour accotement routier), Simon Groupe et Cochet (agroéquipement). « Le pays est très dépendant de son agriculture, explique-t-il. Le machinisme agricole était très peu développé jusqu’à ce que la hausse des salaires des ouvriers le rende rentable. Comme il existe très peu de constructeurs locaux, l’Afrique du Sud se révèle très intéressante pour les spécialistes européens de l’agroéquipement ».
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